« Quand je me lève trop vite, tout devient noir et je dois me rasseoir. » Cette plainte, très banale en consultation, désigne un trouble précis, fréquent et dangereux : l'hypotension orthostatique.
Elle touche environ 20 % des plus de 65 ans, et jusqu'à 30 à 50 % des personnes âgées fragiles ou institutionnalisées. Elle est responsable de malaises, de chutes, de fractures, et elle augmente le risque cardiovasculaire. Et dans une grande part des cas, elle est provoquée — ou aggravée — par les médicaments.
Définition et mécanisme
On parle d'hypotension orthostatique devant une baisse, dans les 3 minutes suivant le passage en position debout, de :
- 20 mmHg ou plus de pression systolique, ou
- 10 mmHg ou plus de pression diastolique
Normalement, quand on se lève, environ 500 à 800 ml de sang descendent vers les jambes et l'abdomen. L'organisme compense instantanément : accélération du cœur, contraction des vaisseaux, ajustement hormonal. Ce réflexe, dit barorréflexe, devient plus lent et moins efficace avec l'âge.
Il existe une variante souvent méconnue : l'hypotension postprandiale, qui survient 30 à 60 minutes après un repas, particulièrement après un repas riche en glucides. Elle explique bien des malaises et des chutes de début d'après-midi.
Les symptômes
- Vertiges, sensation de tête vide au lever
- Vision qui s'obscurcit ou se brouille quelques secondes
- Jambes molles, instabilité
- Fatigue brutale, bâillements
- Douleur dans la nuque et les épaules (« en cintre »), assez caractéristique
- Palpitations
- Malaise, voire syncope
- Chute inexpliquée, parfois sans aucun symptôme ressenti
Chez la personne âgée, la forme silencieuse est fréquente : aucun vertige, seulement des chutes à répétition. C'est pourquoi la mesure de la tension debout doit être systématique et non conditionnée aux symptômes.