Soulager la douleur d'une personne âgée demande de tenir les deux bouts d'une même exigence : ne pas la laisser souffrir, et ne pas la mettre en danger par le traitement lui-même.
Les deux erreurs sont également fréquentes. D'un côté, la sous-prescription : on n'ose pas, on estime que « c'est l'âge », on craint les effets secondaires — et la personne souffre en silence, s'immobilise, se déprime et perd son autonomie. De l'autre, la prescription inadaptée : des anti-inflammatoires au long cours qui provoquent une hémorragie digestive ou une insuffisance rénale.
Cet article détaille ce qui est sûr, à quelles conditions.
Pourquoi la prudence est nécessaire
Après 75 ans, le même comprimé n'agit pas de la même manière : fonction rénale diminuée, métabolisme hépatique ralenti, sensibilité cérébrale accrue, interactions multiples liées à la polymédication.
Le principe de base de la s'applique pleinement : commencer bas, augmenter lentement, réévaluer souvent.
Le paracétamol : la base
C'est l'antalgique de première intention à tout âge, et il reste le mieux toléré.
Ce qu'il faut savoir :
- Il doit être pris de façon systématique en cas de douleur chronique (à heures fixes), et non « à la demande ». Une douleur installée est bien plus difficile à contrôler qu'une douleur prévenue.
- La dose maximale est réduite chez les personnes de faible poids, dénutries, insuffisantes hépatiques, ou consommant de l'alcool. Votre médecin fixe la dose adaptée.
- Attention aux doublons : le paracétamol est présent dans de très nombreuses spécialités contre le rhume, la grippe ou la douleur, y compris sans ordonnance. Le surdosage accidentel par cumul est une cause connue d'hépatite grave.
- Les formes effervescentes sont riches en sodium : à éviter en cas d' ou d'insuffisance cardiaque.
Les anti-inflammatoires (AINS) : à éviter
Ibuprofène, diclofénac, kétoprofène, naproxène et apparentés figurent sur toutes les listes de médicaments inappropriés chez la personne âgée. Les risques sont concrets et fréquents :