Le diabète de type 2 concerne environ une personne sur cinq après 65 ans, et sa fréquence continue d'augmenter au Maroc comme ailleurs. Mais le diabète du sujet âgé n'est pas le diabète de l'adulte jeune avec quelques années de plus : c'est une maladie différente, qui appelle des objectifs différents.
Le principe fondamental tient en une phrase : chez la personne âgée, on ne traite plus un chiffre, on protège une personne.
Pourquoi le diabète est différent après 70 ans
Les complications aiguës passent devant les complications chroniques
Chez un patient de 50 ans, on traite pour éviter les complications qui surviendront dans 15 ou 20 ans : rétinopathie, néphropathie, atteinte des nerfs. L'horizon est long.
Chez une personne de 85 ans fragile, le danger immédiat n'est plus l'hyperglycémie chronique — c'est l'hypoglycémie, qui provoque chutes, fractures, malaises cardiaques, confusion, et qui peut tuer dans la journée même. La hiérarchie des risques s'inverse.
La présentation clinique est trompeuse
Les symptômes classiques (soif intense, urines abondantes, amaigrissement) sont souvent absents ou attribués à autre chose. Le diabète du sujet âgé se révèle fréquemment par :
- Une fatigue, une apathie
- Des infections répétées : urinaires, cutanées, mycoses
- Une plaie qui ne cicatrise pas
- Une confusion ou des chutes
- Une déshydratation
- Un amaigrissement pris pour de la dénutrition
Le seuil rénal du glucose s'élève
Les personnes âgées n'éliminent le sucre dans les urines qu'à des glycémies plus élevées : elles ne ressentent donc pas la soif protectrice et se déshydratent gravement avant de s'en rendre compte.
Des objectifs personnalisés — le cœur du sujet
C'est la notion la plus importante à comprendre pour les patients et leurs familles. L'HbA1c (hémoglobine glyquée) reflète la glycémie moyenne des trois derniers mois. Sa cible dépend de l'état de santé global, pas de l'âge civil.
| Profil | Cible d'HbA1c habituelle | Logique |
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