C'est l'un des sujets dont on ne parle pas. L'incontinence urinaire touche environ 30 % des femmes et 15 % des hommes de plus de 65 ans, et pourtant seule une minorité en parle à son médecin. Le délai moyen entre les premières fuites et la première consultation dépasse souvent plusieurs années.
Ce silence a un coût élevé : restriction des sorties, isolement social, renoncement à l'activité physique, dépression, et — parce qu'on se lève la nuit en urgence — chutes et fractures. C'est aussi l'un des premiers motifs d'entrée en institution.
Or l'incontinence n'est pas une conséquence normale du vieillissement. C'est un symptôme, avec des causes identifiables et des traitements efficaces dans la majorité des cas.
Les quatre types de fuites
Le traitement dépend entièrement du mécanisme. Décrire précisément les circonstances des fuites est donc la première étape.
1. L'incontinence d'effort
Les fuites surviennent lors d'une augmentation de la pression abdominale : toux, éternuement, rire, port de charge, passage de la position assise à debout. Il n'y a pas d'envie préalable.
Cause : un affaiblissement du plancher pelvien et du sphincter. Très fréquente chez la femme après plusieurs accouchements et après la ménopause ; chez l'homme, surtout après chirurgie de la prostate.
2. L'incontinence par urgenturie (vessie hyperactive)
Une envie soudaine, impérieuse, impossible à différer, suivie d'une fuite avant d'atteindre les toilettes. Souvent associée à une pollakiurie (uriner très souvent) et à une nycturie (se lever plusieurs fois la nuit).
Cause : contractions involontaires du muscle vésical. Fréquente avec l'âge, favorisée par les troubles neurologiques (AVC, Parkinson, démence), le diabète, une infection ou une irritation locale.
3. L'incontinence mixte
Association des deux précédentes — c'est la forme la plus fréquente chez la femme âgée.
4. L'incontinence par regorgement
La vessie ne se vide pas et « déborde » : petites fuites permanentes, jet faible, sensation de vidange incomplète, parfois besoin de pousser.
Cause : obstacle (hypertrophie de la prostate, sténose) ou vessie qui ne se contracte plus (diabète ancien, médicaments anticholinergiques, atteinte neurologique). C'est la forme la plus à risque : elle peut se compliquer d'infections et d'insuffisance rénale.