Chez une personne âgée diabétique, l'hyperglycémie fait des dégâts sur des années. L', elle, peut tuer dans l'heure.
C'est pour cette raison que toute la stratégie du diabète du sujet âgé s'est réorientée : mieux vaut une glycémie un peu haute qu'un risque d'hypoglycémie. Encore faut-il savoir la reconnaître — car chez la personne âgée, elle ne ressemble pas à ce que décrivent les manuels.
Ce qu'est une hypoglycémie
Une glycémie inférieure à 0,70 g/L (3,9 mmol/L) définit l'hypoglycémie. En dessous de 0,54 g/L, on parle d'hypoglycémie sévère, avec risque de perte de connaissance et de convulsions.
Elle survient essentiellement chez les patients traités par insuline ou par sulfamides hypoglycémiants (glibenclamide, glimépiride, gliclazide). Les autres classes de traitement du diabète exposent peu ou pas au risque lorsqu'elles sont utilisées seules.
Pourquoi la personne âgée est plus vulnérable
Quatre raisons se cumulent :
- Les signes d'alerte disparaissent. La réponse hormonale adrénergique (sueurs, tremblements, palpitations) s'émousse avec l'âge et avec l'ancienneté du diabète. On parle d'hypoglycémies non ressenties : la glycémie chute sans aucun avertissement, jusqu'aux troubles neurologiques.
- Le cerveau tolère moins bien le manque de sucre : la confusion apparaît plus vite et plus profondément.
- La fonction rénale décline, ce qui prolonge l'action de l'insuline et des sulfamides — une dose stable depuis des années peut devenir excessive sans que rien n'ait changé dans l'ordonnance.
- Les repas sont irréguliers : appétit variable, oubli d'un repas, maladie intercurrente, jeûne pour un examen.